Immersion (4)
(suite et fin)
Dimanche matin.
Nos horloges biologiques ont perdu l’habitude des grasses matinées.
Je me réveille le premier.
Boulangerie.
Dressing du petit déjeuner dans le jardin.
Je vous retrouve dans la salle de bain.
- Où étiez-vous passé ?
Le ton est donné.
Le prétexte aussi.
C’est la première fois qu’ainsi vous m’imposez une soummission dès le réveil.
Je m’agenouille devant vous et réitère mes vœux d’appartenance.
De vous permettre d’abandonner la bienséance.
Vous m’enjoignez de me déshabiller.
Et de soumettre mes seins encore sensibles de la veille aux sévices de vos doigts, de vos ongles.
D’inspecter aussi les traces laissées la veille sur mes fesses.
De me placer dans la baignoire et de m’imposer l’extrême.
Me gratifier de votre champagne.
Ce doit être seulement la cinquième ou sixième fois qu’ainsi vous me priez de boire à votre source.
Acte insensé ? Sale ? Répugnant ?
C’était il y a un an.
Une conversation durant laquelle je vous avais laissé entendre que si un tel acte devrait vous apporter un quelconque plaisir, une quelconque excitation, je serais capable de l’accepter.
Je me souviens que mon cœur battait la chamade.
Oui, cet acte est très pervers.
Oui, c’est une situation avilissante.
Oui, l’urine a un goût étrange, âcre et amer.
Pourquoi le proposer, alors ?
Pourquoi ce trouble profond ?
Cette sourde excitation ?
Cette envie, tout simplement ?
Il ne me viendrait pourtant jamais à l’idée de l’imposer à autrui.
Ce n’est pas le sentiment d’humiliation que je recherche, mais au contraire, celui d’une fierté infinie.
Celle d’accepter une ultime intimité.
En gage.
Votre liquide en devient précieux, acceptable, voire agréable.
Et d’offrir ma bouche comme un calice prêt à recevoir votre offrande.
Ne pouvant tout recevoir –vous semblez vous être retenue à cette fin -, votre champagne tiède se répand sur moi.
Soulagée et ravie, vous ne me laissez aucun répit et m’enjoignez de me retourner, de me mettre à quatre pattes dans la baignoire.
Je devine la suite.
A nouveau une épreuve que nous pratiquons rarement : le lavement.
Ce doit être la troisième fois.
Je vous entends sortir la poire de la pharmacie et la remplir.
Puis vient le contact étrange de cette pointe à la fois dure et douce qui s’immisce à l’orée de mon anus.
Puis elle s’enfonce aisément.
Et enfin l’étrange sensation lorsque le liquide tiède se répand en moi.
Vous extrayez la poire.
Il m’est interdit de libérer la moindre goutte.
Rétention pendant que vous remplissez à nouveau la poire.
Cette fois, le liquide est froid.
Vous répétez ainsi deux fois l’opération.
Epreuve.
Dix minutes environ.
Je ne peux serrer plus mes sphincters et vous le dis.
Vous m’autorisez à me libérer, mais en restant dans cette même position.
D’ensuite rincer la baignoire et devoir vous laver sous la douche.
Avec délicatesse.
Et de vous suivre.
Petit déjeuner sur la terrasse.
Il fait toujours aussi beau.
Marché du dimanche.
Achats et préparatifs en vue d’un pique-nique dans notre clairière.
Je m’applique à ne rien oublier : le vin, l’eau pétillante, une salade, le pain, les fromages, un dessert.
Nappe, assiettes, couverts, verres, serviettes ; tout doit être parfait et de qualité.
Vous me donner aussi une liste de matériel à prendre dans le coffre.
Le tout rassemblé, nous nous mettons en route.
Et de jouir pleinement de notre jardin secret, à quelques kilomètres à peine du centre ville.
Une clairière dans la forêt, au cœur d’un massif, à cent cinquante mètres de chemins hors desquels les promeneurs ne s’aventurent guère.
Mises à nu.
De soumettre mes seins aux pinces les plus féroces.
D’accentuer encore les marques sur mes fesses.
De me prier enfin de vous faire jouir.
De nous abandonner l’un l’autre, de concert.
Il est seize heures.
Retour à l’autre réalité.
Retour dans le droit chemin qui nous ramène à la voiture, à la maison, au rangement, à notre complicité secrète.
Nous redevenons « papa » et « maman » et en allons quérir le fruit de nos amours.
Comments
Je suis restée suspendue à ces mots qui coulaient en moi comme la saveur d'un fruit inconnu ...
... mais je ne peux rappartier les commentaires de l'ancien. ;-)